
La problématique des garderies à 7$ est complexe. Elles font régulièrement la manchette à cause des problèmes d’accessibilité, des surcharges des privées, des éducatrices sans projets éducatifs, etc. Le système est basé sur le postulat qui veut que tout le monde soit égal et paye le même prix pour les mêmes services, peu importe le type de garderie qu’elles soient publiques, privées ou en milieu familial. Que votre revenu familial soit de 200,000 $ ou de 20,000 $, c’est le même prix. Vive la justice sociale.
Le système actuel ne fonctionne pas. C’est inacceptable que l’état ne puisse pas garantir une place aux nouveaux nés et qu’il y ait des listes d’attente au moment où l’augmentation de notre taux de natalité devrait être une priorité. Ça n’a pas de sens que des garderies ferment à 16 heures dans le régime de travail qui est le nôtre. C’est frustrant que des parents ne puissent pas payer un supplément pour qu’eux et leurs enfants obtiennent les services qu’ils désirent. C’est incroyable que des parents ne puissent pas passer du temps avec leurs enfants à la maison en dehors des congés convenus de peur de perdre leur place. C’est archaïque que tout le monde paye le même prix sans égard au revenu familial. Le financement des garderies ne relève par d’un système d’assurance collectif comme la SAAQ, l’assurance maladie ou l’assurance médicament où la contribution de l’usager n’a aucune corrélation avec son revenu. C’est un service familial dont la contribution devrait être proportionnelle au revenu familial. Actuellement, les plus pauvres subventionnent les plus riches. On dit que les mieux nantis payent déjà plus par leurs impôts. C’est vrai en partie, mais il faudrait qu’ils en payent beaucoup pour combler le fossé entre le prix payé et le coût réel subventionné. Un professeur de l’UQAM, Claude Laferrière, a démontré en 2007 que fiscalement, il serait plus avantageux pour les familles gagnant entre 25,000 $ et 35,000 $, de payer le plein tarif de 20 $ à 30 $ par jour. Dans ce cas, après les déductions admissibles, le coût réel serait de 6$ au lieu de 7$ par jour. La différence subventionne les autres, pauvres comme riches. Ça, c’est une belle illustration de déséquilibre fiscal.
Le système actuel manque d’oxygène. Le gouvernement n’investit pas assez d’argent et les parents n’y trouvent pas les services qui répondent vraiment à leurs besoins. Il me semble qu’un changement de philosophie, un meilleur financement et plus de souplesse seraient les bienvenus. Par changement de philosophie, je fais entre autres référence à une déclaration de Violaine Ouellet de l’Association québécoise des CPE concernant une entreprise de garde privée, Kids and Company, qui offre ses services dans les milieux de travail à un prix de 50$ à 60$ par jour par enfant. Elle a dit : « Il faut toujours s’inquiéter de voir une grosse entreprise commerciale invertir le milieu de l’éducation à la petite enfance ». Cette entreprise offre un service complémentaire à ceux qui n’ont pas de garderie à 7$, un service de dépannage d’urgence, elles sont ouvertes quand les CPE sont fermés, etc. Où est le problème? Mme Ouellet est-elle contre les écoles et collèges privés qui s’occupent de l’éducation de nos enfants avec un taux de réussite supérieur aux écoles publiques? Comme beaucoup de regroupements sociaux, on sent que cette Association est allergique au privé. Cela prive le système d’une partie de l’oxygène dont il a besoin. Faire payer les plus riches à la hauteur de leurs moyens injecterait pas mal d’argent neuf dans le système. Enfin, avec plus d’intérêt du privé pour combler les besoins de la population, il y aurait sans doute une bonne dose de souplesse d’injectée dans le tout.
Publié par : jacqueso
à 12:23:52
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